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Video // Gérard Kikoïne, l’interview

Remise en ligne (à la demande de Kikoïne lui-même) de cette interview réalisée à Lyon en 2009 pendant le festival qui ne s’appelait pas encore Hallucinations Collectives. Elle était produite par le Studio Gühmes, qui a permis le lancement du site 1kult. Pour l’anecdote, Gérard Kikoïne m’a confié que  c’était sa première interview vidéo. Merci patron !

Depuis, j’ai eu la chance de programmer La Femme Objet au Forum des images, en faisant venir l’intéressé, alors assistant-réalisateur sur le film. Gérard a aussi publié un joli ouvrage de souvenirs : Kikobook : Le livre cul(te) de Gérard Kikoïne, publié il y a quelques mois aux Editions de l’Oeil.

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Séances // Les Apprentis + Glissements progressifs du plaisir

Outre la séance Schnock fait son cinéma le 23 juin, j’aurai le plaisir de présenter deux autres séances à Paris à cette même période.

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  • GloryLOL le 26 juin 2016, 20H30 – Les Apprentis de Pierre Salvadori (en présence du réalisateur)

Comédie douce-amère, Les Apprentis est le second film de Pierre Salvadori (Cible émouvante, Hors de prix, Dans la cour) dans lequel Fred (Guillaume Depardieu) et Antoine (François Cluzet) vivent des aventures entre vols à la tire, bitures et questionnements sur les projets d’avenir qui semblent inexistants autant qu’angoissants.

Antoine est un écrivain raté et dépressif. Fred ne fait pas grand-chose de sa vie et semble s’en contenter.
Tous deux partagent un appartement et vivent de petites combines foireuses.
Les aventures et surtout mésaventures de ces deux copains un brin loosers, leur permettront de s’apercevoir que l’amitié est bien la plus grande des richesses.

La séance sera suivie d’un échange que je mènerai avec le réalisateur Pierre Salvadori, le tout au Cinéma Les 3 Luxembourg (67 rue Monsieur Leprince, 75006 Paris – Métro Maubert-Mutualité).

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  • Glissements progressifs du plaisir au Forum des images le 22 juillet 2016, 19H00

Dans le cadre d’un cycle consacré à la peau, je viendrai introduire la projection d’un des films les plus remarquables de l’iconoclaste Alain Robbe-Grillet, avec ce film de 1974 qui doit autant à Dada qu’à Klein. Souvent plus considéré pour son apport à la littérature (il est le père du Nouveau Roman) que pour sa douzaine de réalisations, le cinéaste est pourtant une source d’inspiration (Les Rencontres d’après minuit de Yann Gonzalez en est une des preuves les plus manifestes) pour sa forme mais aussi pour sa liberté.

Alice est accusée du meurtre de son amie Nora. L’avocate chargée de sa défense est troublée par son charme sensuel. Alain Robbe-Grillet, dans ce sixième long métrage, filme le corps parfait de son actrice sous toutes les coutures en la magnifiant, notamment dans une séquence-clé où, parodiant une « anthropométrie » de l’artiste Yves Klein, la jeune fille recouvre son corps de peinture et l’applique sur une surface murale immaculée.

Plus d’informations sur le site du Forum des images.

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Bertrand Tavernier à propos du Blu-ray de La Vie et Rien d’autre

En mars dernier sortait le Schnock numéro 18 consacré à Philippe Noiret. Pour l’occasion, j’avais rencontré pour une longue interview Bertrand Tavernier. J’en avais profité pour réviser mes classiques et acquérir plusieurs de ses titres sortis en haute définition, notamment le coffret contenant Capitaine Conan et La Vie et rien d’autre chez StudioCanal. Mais pour ce dernier, je fus étonné de l’étalonnage étrangement contemporain et « filtré », en dépit de la précision de l’image. L’impression est frappante, comme c’est visible sur le comparatif réalisé par DVDClassik entre le master du Bluray et son homologue qui a servi à la création du DVD.

J’avais abordé le problème avec le réalisateur pour lui demander son avis, que je vous propose aujourd’hui en exclu ici-même. Une manière de rappeler que le nouveau numéro de la revue, consacrée cette fois à Mireille Darc, sera dans les bonnes librairies dès mercredi.

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  • Comment s’est passé le financement du film ?

Horrible. Je suis revenu à L’Horloger de Saint-Paul et Que la fête commence… Le premier producteur n’a pas pu le monter. René Cleitman, le second, n’arrivait pas à boucler le financement, et en plus son supérieur, le PDG de Hachette Audiovisuel, avait détesté le scénario, et m’avait convoqué pour me dire : “ce film ne fera pas une entrée, il n’intéressera personne. Il est sinistre.” J’essayais de me défendre, en disant qu’il y aura des moments où les gens riront, ça sera jamais morbide. Il croyait qu’on allait voir les corps, je lui disait qu’on ne les verrait pas autrement que dans l’œil des gens qui les regardent. Je ne veux pas montrer un corps en décomposition, ça ne m’intéresse pas. C’est la réaction de la personne qui regarde ce corps qui est intéressant.

Ce PDG m’avait proposé un chèque de la totalité de mon contrat pour que je renonce au film, plus un nouveau film de mon choix. Donc il me payait ce que j’aurais gagné sur un an en une fois, et j’ai dit non. C’est la même chose qu’avec Danon*, j’ai vu dans ses yeux : “j’ai affaire à un fou furieux, on ne peut pas négocier avec un fou furieux”, et il a abandonné. J’ai pu faire le film mais uniquement parce que Noiret et Sabine Azema ont mis la moitié de leur participation, que toute l’équipe a accepté de tourner au minimum syndical, que j’ai abandonné des pourcentages et des parts producteur.

Quand le film a marché, ils n’ont pas été restitué par Hachette. Ils auraient pu dire “vous avez abandonné votre pourcentage, mais vous êtes en train de rapporter beaucoup d’argent…”, mais non. C’était une mesquinerie de leur part. A Hachette, ils n’ont pas voulu dépenser l’équivalent à l’époque de 30 000 francs, c’était rien, pour qu’on mixe le film en Dolby. Ils ont dit que c’était jeter de l’argent par la fenêtre. Le Dolby existait depuis six ou sept ans. Du coup, comme on était un des films scope qui n’était pas dans cette technologie audio, les salles se trompaient souvent et le passaient quand même en Dolby, et c’était une catastrophe. A Cannes, pour l’hommage à Noiret, ils l’avaient passé en Dolby, et on n’entendait plus le dialogue, le son disparaissait. Une horreur ! Et c’est le résultat de la pingrerie de Hachette. Maintenant, le Dolby, pour le sortir en Blu-ray, permettrait d’utiliser tout ce que j’avais comme son direct qui était génial, et la musique de Oswald d’Andréa.

  • L’année dernière, le film est justement sorti en Blu-ray. Vous avez refait l’étalonnage ?  

Je ne suis pas content du Blu-ray. Ils se sont gourés, ils l’ont tiré trop clair, sans contraste. Maintenant, la bonne valeur, c’est le DCP que vient de refaire l’étalonneur du film, Olivier Chiavassa, pour le présenter à Venise. Je pense que l’équipe s’est trompé avec une machine de tirage et moi, j’ai été négligent. Je pensais qu’ils consultaient le chef opérateur. Par contrat, je veux toujours que les chefs opérateur soient consultés. Pour Capitaine Conan, je pense que Alain Choquart (le directeur de la photographie, ndlr) a été consulté, mais le Blu-ray de La Vie et rien d’autre n’est pas bon du tout. A la limite, le DVD est pas mal. Le Blu-ray devrait être refait selon les normes.

Le premier DCP était très mal tiré. En plus on avait un procédé de tirage qui était compliqué à l’époque. On avait atténué des couleurs et on s’était aperçu que quand on essayait de tirer les copies de manière industrielle, c’était une catastrophe. Il y a des tas de copies du films qu’on a dû jeter, parce que c’était hyper clair, le film était surexposé. Il fallait le tirer copie par copie et vérifier à chaque fois que l’étalonnage reste le même.

*voir l’interview complète à ce sujet, à propos de la production de L’Horloger de Saint Paul.

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Vidéo // le Bonus #4

Il y a quelques années, pour 1Kult,  j’avais rencontré Bruno Forzani quelques semaines avant la sortie de L’Etrange couleur des larmes de ton corps, et je l’avais interrogé sur le film, bien évidemment. Pourtant, j’avais aussi choisi d’aborder bien en amont la sortie de son prochain film sur lequel il s’attelait déjà avec sa binôme Hélène Cattet : Laissez bronzer les cadavres, alors au tout début de sa pré-production. Apparemment, le film se révèle un peu plus (casting, retour du talentueux Manu Dacosse), l’occasion de remettre en ligne la vidéo.

Voilà ce que nous apprend Cineuropa sur le projet :

Les rôles principaux seront incarnés par Elina Löwensohn (Suite Armoricaine, La Guerre est Déclarée, Vénus Noire), Stéphane Ferrara (ancien boxeur professionnel, on l’a vu dans Vendues, Fureur), Hervé Sogne (La Volante). Comme pour Amer et L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, l’image sera signée par Manu Dacosse (Magritte de la meilleure image pour L’Etrange Couleur en 2015, ainsi que pour Alleluia de Fabrice Du Welz en 2016).

Le tournage, qui débute le 30 mai, durera 40 jours, entre la France, l’Italie et la Belgique. Le film est une production belgo-française, produite par Anonymes Films et coproduite par Tobina Film, avec la participation du Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, BeTV, Wallimage/Bruxellimage et BNP Paribas Fortis Film Finance en Belgique, et de Canal+, Ciné+, du CNC, de la collectivité territoriale Corse et de la région Pays de la Loire, avec également le soutien d’Europe Créative. Les ventes internationales sont assurées par Bac Films Distribution, et il sera distribué en France par Shellac.

(source)

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Séance // Schnock fait son cinéma #2

Après une première séance aux Fauvettes il y a 3 mois, j’ai le plaisir de vous annoncer une seconde soirée Schnock fait son cinéma.

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L’idée reste globalement la même : décliner la sortie du nouveau Schnock en salle. Et cette fois-ci, c’est Mireille Darc qui fait la couv’ du denier opus, mercredi dans les bonnes librairies. Pour l’occasion, on vous propose une soirée un peu différente de la précédente. Tout d’abord, ça ne se passe plus aux Fauvettes (qui ne pouvait passer du 35 mm) mais au Publicis Cinema, en haut des Champs Elysées (129 avenue des Champs-Elysees 75008 PARIS, 75008 Paris – Metro Charles de Gaulle-Etoile). De plus, il n’y a plus deux films mais on se limite à un seul. En effet, je me suis rendu compte que le double programme pouvait être contraignant. Même si la formule duo permettait de proposer un film « culte » et un second plus pointu, cela oblige aussi à commencer tôt, finir tard, et de fait pouvait s’avérer plus compliqué que je le pensais. Un seul film pour cette seconde édition. Enfin, je n’avais pas réussi à avoir d’invités pour marquer l’évènement. On y remédie là aussi.

Au programme donc, j’ai le plaisir de vous annoncer la venue de Mireille Darc en personne, qui viendra présenter Galia. Si Georges Lautner et l’actrice ont collaboré ensemble à 13 reprises, Galia est certainement le moins connu du grand public aujourd’hui. Un peu vite oublié et rarement rediffusé les années suivantes… et pourtant ! Plus belle que jamais, Mireille Darc y tient certainement l’un de ses rôles les plus marquants, et lors de sa sortie il y a 50 ans, Galia est devenu à sa sortie un véritable phénomène de société autant qu’un succès critique et commercial.

Nous profitons de l’occasion pour réparer cette injustice et vous proposer une soirée exceptionnelle. Au programme, le film dans une copie pellicule, des surprises en guise d’avant-programme (sur lesquels je travaille actuellement), le tout en présence exceptionnelle de Mireille Darc.

Pour les réservations et les infos supplémentaires, ça se passe du côté du Cinama Publicis ici ou de FnacSpectacles là. Rejoignez la page facebook de l’évènement là. Et quelques surprises très bientôt…

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VIDEO // Habillage cannois pour Chaos Reigns

Sempiternelle ritournelle : peu de temps pour mettre en ligne tous les travaux récents. J’essaye de rattraper mon retard dans les prochains jours, avec la sortie notamment du prochain Schnock, et de plein d’évènements pour juin, mais déjà une rapide pastille pour signaler un nouvel habillage alternatif pour les vidéos du site Chaos reigns. De passage à Cannes, son rédacteur en chef Romain Le Vern a pu mettre en boîte deux petits modules autour du nouveau film de Paul Verhoeven (le forcément attendu Elle) bientôt dans les salles. L’occasion d’habiller le précédent habillage réalisé il y a quelques mois.

Pour retrouver les montages complets, c’est dessous que ça se passe :

 

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Séance // Schnock fait son cinéma #1

Voilà plusieurs mois que je travaille à un projet de séances de cinéma autour de la revue Schnock avec laquelle je collabore régulièrement. Bien évidemment, le programme suit la ligne éditoriale de la revue (c’est-à-dire le cinéma français pop des années 60 à 80), et est constitué outre des accompagnements habituels de deux films, l’un bénéficiant d’un statut de petit film culte, l’autre qu’on peut qualifier de jolie pépite. Et quoi de mieux que de s’installer dans la nouvelle salle de cinéma Les Fauvettes pour l’occasion ? Cette nouvelle salle parisienne a ouvert ses portes en novembre dernier avec comme ligne éditoriale la projection de films restaurés. C’est donc entre la Place d’Italie et les Gobelins que vous pourrez le 1er mars prochain découvrir (ou redécouvrir) Clara et les chics types de Jacques Monnet et Les Caprices de Marie de Philippe de Broca.

A partir de 19 heures, vous pourrez rejoindre l’équipe de Schnock dans le hall du cinéma pour venir discuter (et acquérir) le numéro 18 de la revue, dans les kiosques le 2 mars.

A 20 heures, les séances débutent avec Clara et les chics types. A l’aube des années 80, six amis qui composent le groupe glam les Why Notes partent de Grenoble pour un concert sur la capitale. Sur le chemin, ils croiseront Clara… Joli portrait des désillusions des enfants de 1968, le premier film de Jacques Monnet (Signes extérieurs de richesse) est scénarisé par Jean-Loup Dabadie (Vincent, François, Paul… et les autres de Claude Sautet, Un éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert) en grande forme, interprété par un joli casting (Josiane Balasko, Thierry Lhermitte et Christian Clavier tout juste débronzés, Daniel Auteuil, Marianne Sergent, Christophe Bourseiller et bien sûr Isabelle Adjani dans le rôle-titre) sur une bande originale entêtante signée Michel Jonasz. You kill me and I Kill you, I Kill you, you kill me…

A 22 heures 15, c’est l’heure de la rareté. Assez peu connu dans la carrière du réalisateur des Tribulations d’un Chinois en Chine, L’Homme de Rio et Le Magnifique, Les Caprices de Marie est une vraie pépite pop sous forme de dessin animé acidulé et survolté dans laquelle se croisent Marthe Keller, Jean-Pierre Marielle, Henry Crémieux, Fernand Gravey, sous le regard de Philippe Noiret, qui constitue la thématique du prochain Schnock. Le scénario est co-signé avec Daniel Boulanger, et pendant longtemps, le film est demeuré peu vu et invisible jusqu’à sa redécouverte pour beaucoup lors de son passage à la Cinémathèque Française au sein du cycle consacré à De Broca. Pépite sur la pépite, c’est Jérome Wybon (Forgotten Silver), spécialiste de Philippe De Broca qui nous fera l’honneur de nous présenter le film.

Ça se passe au cinéma Les Fauvettes le 1er mars, et je vous invite à vous rendre sur leur site pour toutes les informations d’usage (prix, accessibilité, etc…). Néanmoins, sachez que vous pouvez sur place bénéficier d’un tarif préférentiel de 15 euros pour ce double-programme.

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Blog // Belladonna des tristesses de retour en salle

Le 6 février à 19 heures, la Cinémathèque Française de Paris projettera dans le cadre du festival Toute la mémoire du monde Belladonna des tristesses de Eiichi Yamamoto. Aussi connu sous le titre de Belladonne de la tristesse, Belladonna ou La Sorcière, cet anime incroyable sera projeté à partir d’une restauration en 4K par Cinelicious à partir d’un négatif original et d’une copie de la Cinémathèque Royale de Belgique, et sera présenté par Stephane du Mesnildot, passionnant et spécialiste du cinéma asiatique.

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Plus tard, le film ressortira chez Eurozoom. On ne peut que saluer ce choix audacieux tant cette Belladonne en étonnera plus d’un (surtout ceux qui considèrent encore que le dessin animé est une affaire d’enfants). Peu connu au-delà d’un cercle d’initiés qui lui vouent un véritable culte, ce film va donc bénéficier d’une remise à niveau qu’on espère aux attentes des qualités formelles de l’oeuvre. Belladonna des tristesses appartient à une trilogie chapeauté par l’immense artiste nippon Osamu Tezuka. Voilà ce que j’en disais il y a quelques années via sur 1Kult :

L’aube des années 70. Le pinku eiga explosait alors au Japon et eut des répercussions sur toute l’industrie (et l’économie) du cinéma, même sur le monde de l’animation. L’impulsion vient d’Osamu Tezuka lui-même. On a parfois tendance à réduire le mangaka à ses oeuvres pour enfant (Astroboy, Le Roi Léo ou Princesse Saphir) mais c’est oublier que l’homme aimait les défis : quand il ne lançait pas de modes, il les suivait avec passion dans la volonté de se dépasser et ne pas rester à retrait. Il trouva ainsi l’évolution des manga vers un style plus adulte (le gekiga) comme un exercice stimulant qu’il releva haut la main. Suivant cette progression, il créa ainsi lui-même l’éclosion du film d’animation érotique (bien avant le Fritz the cat de Ralph Bakshi) avec une trilogie appelé Animerama constitué des Milles et une nuits en 1969, de Cléopatre l’année suivante, et donc Kanashimi no Belladonna en 1973.

Conçu au sein de sa société Mushi Production, Tezuka écrivit et supervisa de très près les deux premiers épisodes tout en confiant la réalisation à Eiichi Yamamoto, un fidèle de son studio. Se recentrant sur ses activités de mangaka, Tezuka laisse les coudées franche à son protégé pour ce Belladone de la tristesse. Libéré du style graphique et de la sensibilité de son mentor, Yamamoto s’inspire de La Sorcière de Jules Michelet pour développer ainsi un univers visuel expérimental difficilement descriptible. A défaut, on utilisera  « psychédélique ».

Après avoir mis sur la page facebook d’1Kult quelques infos sur cette séance et cette ressortie, j’ai contacté Eurozoom pour lui poser quelques questions à propos de cette ressortie en salle précédemment calée pour ce mois-ci. Celle-ci est momentanément décalée au deuxième trimestre suite à « des problèmes de matériel« . Et quid d’une sortie DVD ou haute définition ? « Une édition vidéo sera bien prévue chez nous, mais nous n’avons pas encore de date.« 

Enfin, si la notoriété du film Belladonna des tristesses grandit et dépasse le cercle des initiés, les deux autres opus de cette trilogie peut-on espérer pouvoir découvrir les autres films estampillés Animerama ? « Pour le moment il n’est pas prévu de sortir les autres films vu les difficultés rencontrées sur le matériel.« 

J’en profite pour évoquer une autre sortie prochaine chez Eurozoom le 2 mars prochain, à savoir le polar indien musclé Sunrise, signé Partho Sen Gupta, qui a lui aussi eu les honneurs d’une projection à l’Etrange festival il y a quelques mois.

(merci à Anaïs Truc pour ces infos)

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Séance // Du Poil sous les roses

Roudoudou, jeune fille de quatorze ans, et Romain, quinze ans, tentent de survivre à l’adolescence…

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Genre paradoxal s’il en est, la comédie de mœurs pour ados est souvent mise en scène uniquement pour capter les modes du moment afin de livrer de quoi attirer les moins de 20 ans dans les salles. D’ailleurs, il est produit par des adultes (et parfois même avec des adultes dans les rôles principaux), et assume son rôle de produit commercial ne cachant pas sa date limite de consommation. Catalyseur de son époque, on y retrouve souvent les tics et coutumes sociaux de l’année de sa réalisation, et est souvent fait sur un même modèle, à savoir un succès précédent. Regarder un film du genre trois ans après sa sortie a déjà un parfum un peu sinistre, avec un language, une technologie, des coiffures et des fringues d’une autre galaxie. A la rigueur, passé deux ou trois décennies, la nostalgie s’installe, pour quelques élus.

A l’aube du XXIème siècle, la teen-comedy connait un regain suite au succès de American Pie. De nombreuses suites officielles et officieuses tentent de capitaliser sur ce nouveau ton, moins pudibond et plus frontal. Et quand la France essaye de surfer sur le succès de ces « adomédies », cela donne des produits du « niveau » de Sexy Boys.

Mais le sujet de l’adolescence peut aussi être plus intéressant. Ainsi, au lieu d’offrir une image faussée et artificielle, les bons cinéastes se souviennent de leurs propres jeunesses pour tenter d’offrir sinon des réponses, au moins des éléments aux questions qui nous habitent à cet âge-là. Bien évidemment, le résultat est moins glam, moins politiquement correct. C’est le cas de Mais ne nous délivrez pas du mal de Joel Séria ou encore de l’autre côté des Alpes Avere Vent’anni de Frenando di Leo et plus récemment La Solitude des nombres premiers en Italie, qui choisissent de traiter du sujet de manière plus grave et sombre. Sous couvert de l’humour, c’est aussi le cas du tristement méconnu Du Poil sous les roses, qui sortit lui aussi en 2001. Et s’il semble surfer sur les mêmes traces que Sexy Boys, la comparaison s’arrête rapidement pour laisser place à une petite perle.

La grande intelligence de Du Poil sous les roses est de proposer derrière un humour grivois un regard plutôt juste sur l’adolescence, mais plus largement la génération de l’aube de ce nouveau millénaire. Ainsi, les dialogues résolument crus des personnages, à faire rougir Bertrand Blier, apparaissent rapidement comme vidés de tout sens. Pire, ils sont employés par des personnes ne comprenant absolument pas ce qu’ils signifient. Une jeunesse copiant les modèles en vigueur pour paraître, n’ayant de toute façon pas le temps de les analyser. Cette frénésie générationnelle, on la retrouve dans le débit des paroles enchaînant les grossièretés, mais aussi dans le montage et le découpage, secs et s’enchaînant à un rythme excessif, pour mieux montrer le chaos intérieur des jeunes Roudoudou et Romain, deux ados paumés en manque de repère.

Mais ce ne sont pas les seuls éléments propres à cette génération. Roudoudou, tentant de comprendre le sens de la vie d’ado en 2001, va filmer et interviewer ses amis, sa famille, ses parents, afin de mieux percer ce secret de l’existence que nous cherchons tous à percer et saisir. Un exercice à la fois étrangement visionnaire (aujourd’hui, tout le monde filme tout, partout, tout le temps) qui se révèlera vain. Roudoudou en tirera quand même entre deux situations comiques quelques belles pensées, qu’elle nous livrera de temps en temps. « Quand on est adolescent, c’est normal de ne pas être normal » déclare-t-elle, avec justesse.

La structure en trois parties nous présente tout d’abord les tourments de la pétillante Roudoudou, puis ensuite ceux de Romain, pour enfin conclure sur leur rencontre. Une réalisation à quatre mains, Agnès Obadia (Romaine par moins 30, Joséphine) et Jean-Julien Chervier (le court-métrage La Fonte des neiges) mettant en scène ces segments qui cohabitent afin de nous livrer des portraits parfois touchants, parfois maladroits (la partie de Romain est un poil plus faible), mais toujours originaux, audacieux et précis. Un portrait chaotique passé quelque peu inaperçu lors de sa sortie, faussement présenté comme une comédie de plus à consommer entre deux fast-food mais qui se révèle très vite être un joli pied de nez à un genre commercial et peu intéressant, à qui Du Poil sous les roses emprunte les codes pour mieux les détourner joyeusement. Une friandise acidulée à redécouvrir en DVD (à condition de bien chercher, le titre semble épuisé) ou en salle lors des très rares projections.

Bonne nouvelle : Du Poil sous les roses, va être diffusé sur grand écran aux 3 Luxembourg le dimanche 31 janvier 2016 à 20h30 dans le cadre des séances GloryLOL cinéma club, rendez-vous incontournable pour tous les fans d’humour déglingué et de découvertes délicieusement barges. j’aurai le plaisir d’animer l’échange avec le public et de revenir avec les deux réalisateurs et la comédienne Julie Durand sur l’ « ado-médie » made in France.

FICHE DU FILM

TITRE(S) : Du Poil sous les roses
RÉALISATEUR : Jean-Julien Chervier & Agnès Obadia

ANNÉE : 2001 | PAYS : France | GENRE : Comédie de mœurs